Les difficultés du lancement en affaires : l’expérience de 5 entrepreneur(e)s

Publié le 25 août 2020 dans S'inspirer

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Le démarrage d’entreprise comporte son lot de défis. Ce n’est pas nouveau : les entrepreneurs rencontrent plusieurs difficultés en début de processus.

Une bonne façon de se donner toutes les chances de réussir en affaires est d’apprendre de l’expérience d’autres collègues entrepreneurs.

C’est pourquoi, cinq de nos entrepreneurs incubés à l’ACET vous partagent les premières difficultés auxquelles ils ont eu à faire face lors du démarrage de leur entreprise.

Frédéric Leduc CEO et cofondateur Immune Biosolutions

Frédéric Leduc | Immune Biosolutions

CEO et cofondateur

Le financement et la crédibilité

« Une entreprise biotechnologique est, par définition, très risquée et demande énormément de capitaux et de temps (8-15 ans, 1-3 milliards de dollars) pour le développement de technologies et éventuellement d’un produit sur le marché.

Ce n’est donc pas une entreprise facile à lancer et à financer.

De plus, la moyenne des dirigeants dans un premier rôle d’importance (first time CEO) dans le secteur des sciences de la vie est de plus de 50 ans. Nous en avions 35 à l’époque. Il a donc fallu bâtir notre crédibilité tout au long de notre parcours. »

Vincent Nault CEO et cofondateur LUMED

Vincent Nault | Lumed

CEO et cofondateur

Le marché du Québec, les longs cycles de vente, le financement et le recrutement

« Lorsque nous avons démarré l’entreprise, notre réseau était principalement au Québec, ce qui faisait du gouvernement notre seul client potentiel. Cependant, il nous a fermé ses portes pendant 3 ans.

Nous avons donc été dans l’obligation de repenser notre plan d’affaires et de chercher un partenaire d’envergure pour notre technologie sur les marchés hors Québec.

Ensuite, il a fallu survivre aux longs cycles de vente. Nous avons fait preuve de créativité pour bâtir de nouveaux projets de recherche et obtenir le financement nécessaire pour le développement de nouveaux modules de manière à maintenir l’équipe en place.

Enfin, notre dernière difficulté a certainement été le recrutement. Constituer le noyau d’une entreprise est un défi considérable.

Nous avons mis en place un régime d’options d’actions, des assurances collectives, et j’ai travaillé très fort pour convaincre des employés clés de Lumed de quitter leur emploi à temps plein pour venir travailler chez nous, dans ce qu’on pourrait appeler une startup. »

Simon Chaput CEO et fondateur de Boréas technologies

Simon Chaput | Boréas Technologies

CEO et fondateur

Le marché du Québec, le soutien des investisseurs et la crédibilité

« Être un jeune fondateur (moins de 30 ans) est très difficile au point de vue de la crédibilité. J’ai dû faire face à beaucoup de gens qui ne me prenaient pas vraiment au sérieux en raison de mon âge.

Pour avoir expérimenté l’écosystème du Québec et des États-Unis, je dirais qu’être un jeune fondateur est plus difficile au Québec en raison de la moins grande tolérance au risque.

Au début, il était aussi parfois difficile d’obtenir le soutien d’investisseurs et de programmes gouvernementaux. Au final, quiconque lance son entreprise doit être prêt à vivre en montagne russe. Chaque semaine peut compter plusieurs hauts et bas. »

Mathieu Allaire | Agendrix

CEO et cofondateur

La lenteur des ventes au départ et la crédibilité

« Une difficulté marquante a été la lenteur des ventes au tout début.

Sur les plans de la technologie, de l’ergonomie et de la facilité d’utilisation, notre logiciel était excellent.

Cependant, les clients potentiels étaient craintifs d’intégrer une application qui avait un impact aussi important sur l’ensemble de leurs opérations, surtout sachant que notre entreprise n’existait même pas depuis un an et avait très peu de clients.

Aujourd’hui, avec le bouche-à-oreille et la satisfaction de nos utilisateurs, il est heureusement beaucoup plus facile d’acquérir de nouveaux clients. »

Rosemarie St-Yves Ferron Cofondatrice de Cigogne Technologies

Rosemarie St-Yves-Ferron | Cigogne Technologies Inc.

Cofondatrice

La perte de la sécurité académique

« La période la plus difficile pour moi a été vers la fin de mon baccalauréat. Je me demandais quel genre de carrière je voulais et si la décision de continuer le développement de mon projet d’affaires était réaliste.

Pendant nos études, les étapes pour en arriver à un premier prototype étaient claires et encadrées par le programme scolaire.

Je savais qu’après, nos défis seraient grands et qu’il y aurait mille façons d’atteindre nos objectifs. Il n’y aurait plus cette sorte de « sécurité académique » qui nous entourerait.

Au final, j’ai décidé de foncer et de poursuivre mon projet avec trois autres coéquipiers. Nous avons la chance d’être plusieurs à avancer dans ce défi commun.

Nous exploitons les forces de chacun et comptons les uns sur les autres pour réaliser les défis qui se présentent à nous. »