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En 2023, une délégation d’entreprises d’ici s’est rendue à Paris pour participer à VivaTech, un grand salon de technologies pour les «start-up».
Photo: Québec International  En 2023, une délégation d’entreprises d’ici s’est rendue à Paris pour participer à VivaTech, un grand salon de technologies pour les «start-up». 

Faire rayonner les jeunes pousses québécoises à l’étranger : c’est le but d’un projet de recherche lancé récemment et chapeauté par la chercheuse Sophie Veilleux, professeure à l’Université Laval. Car si les entreprises d’ici bénéficient déjà d’une solide aide aux étapes de l’incubation et de l’accélération, « on est rendus à les accompagner dans leur croissance sur les marchés étrangers », constate-t-elle. Pour y parvenir, elle compte bien s’appuyer sur les forces de tout l’écosystème.

Depuis 2016, le monde des entreprises technologiques bouillonne au Québec. Grâce à la créativité locale et aux nombreux incitatifs financiers offerts aux jeunes pousses d’ici, Montréal se classe parmi les 40 écosystèmes les plus vibrants au monde selon Startup Genome. Forts de l’accompagnement reçu, nombreux sont les entrepreneurs qui regardent désormais vers l’international. Et il y a de quoi : « les start-upqui ont un modèle d’affaires global dès le départ réussissent leur croissance beaucoup plus vite », souligne Sébastien Tanguay, directeur général du CAMP, un accélérateur-incubateur basé à Québec.

Comment les aider à réussir cette étape cruciale ? Formations, mentorat, coaching, réseautage, partenariats, échanges, missions commerciales, foires… Les options se multiplient aux quatre coins de la province. « Il y a de belles initiatives qui ont été mises sur pied, observe Sophie Veilleux. Maintenant, notre rôle est de les optimiser, de voir ce qui se fait ailleurs et de partager les meilleures recettes. »

C’est ce à quoi elle et son équipe, en partenariat avec trois accélérateurs et incubateurs d’entreprises, dont LE CAMP, s’affaireront dans les trois prochaines années, dans le cadre du projet « Internationalisation des startups : comment rendre le continuum d’accompagnement performant ? », financé par PERSEIS.

Conquérir le monde

Pour les deux collègues, une chose est claire : le Québec offre un terrain de jeu trop limité pour les entrepreneurs technologiques, qui doivent souvent investir de fortes sommes pour développer leur produit. « Dans le monde des start-up, on développe des entreprises à fort potentiel de croissance rapide, explique Sébastien Tanguay. Pour réaliser ce potentiel, il faut avoir accès à un grand marché. »

Cette réalité est bien connue à travers le monde, où des initiatives ont été mises sur pied pour attirer l’attention sur les entreprises locales. « La France a créé une marque pour son écosystème, la French Tech, illustre le directeur. Quand les start-up se déplacent, c’est toujours sous ce chapeau. Ça donne un positionnement fort, ça dit : “voici le potentiel d’innovation de la France”. » Au Canada, le MaRS Discovery District à Toronto et Communitech à Waterloo font envie au directeur, qui espère voir le Québec développer une identité similaire.

La province bénéficie cependant d’un atout important : sa propension à l’entraide, une qualité soulignée par Startup Genome qui louange la « culture collaborative forte » de l’écosystème montréalais. Pour Sophie Veilleux, cette générosité se traduit par un désir de mettre en commun les expertises et les apprentissages. « Les entrepreneurs à Québec peuvent bénéficier des activités organisées à Sherbrooke et à Montréal », se réjouit-elle.

Elle s’appuiera sur cette ouverture pour la première phase du projet, au cours de laquelle elle recensera les initiatives québécoises et mènera des entrevues avec des acteurs du milieu afin de documenter les meilleures pratiques déjà mises en place.

Apprendre des meilleurs

Pour la seconde phase du projet, celle qui est aussi directrice du Centre de recherche en entrepreneuriat international ira à la rencontre d’acteurs inspirants à travers le monde, notamment en Suède, aux Pays-Bas et en France. « On ne voulait pas prendre des exemples américains parce que là-bas ils ont accès à 50 fois plus de capital que nous. C’était important de choisir des modèles similaires au nôtre, des petits pays où on trouve une main-d’oeuvre scolarisée. Dans ces pays, pour que les entreprises aient un retour sur l’investissement, elles doivent absolument s’exporter. »

Finalement, tous ces apprentissages seront mis à l’essai grâce à une cohorte de 20 entreprises de Montréal, Québec et Sherbrooke. L’expérience de ces jeunes pousses servira à étoffer la documentation de la chercheuse : le délai d’entrée dans les marchés étrangers est-il réduit ? Les ventes et le taux de croissance ont-ils augmenté ? Les marchés touchés sont-ils diversifiés ? « Des Couche-Tard, on en veut plus ! » s’exclame Sophie Veilleux avec passion. « On veut savoir comment aider les champions de demain. Pour ça, il faut les accompagner de façon efficace. »

Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.