David Roy-Guay, fondateur de SB Quantum, espère obtenir un contrat pour envoyer le magnétomètre de son entreprise en orbitre autour de la Terre.

David Roy-Guay, fondateur de SB Quantum, espère obtenir un contrat pour envoyer le magnétomètre de son entreprise en orbitre autour de la Terre. (Simon Roberge/La Tribune)

Simon Roberge | La Tribune | Lire l’article original

Un magnétomètre développé sur la rue Galt à Sherbrooke pourrait bien être sélectionné par la National Geospatial-Intelligence Agency (NGA) aux États-Unis pour cartographier le champ magnétique terrestre à partir de l’espace. L’entreprise SB Quantum est maintenant à la quatrième et dernière phase de sélection de MagQuest, une compétition d’envergure mondiale.

Une récente accélération des mouvements magnétiques sur la planète ainsi qu’une volonté de développer de nouvelles approches de cartographie ont amené la NGA à lancer le défi MagQuest en 2019. Ce défi, agrémenté de 2,1 millions de dollars en bourse, consiste à amener de nouvelles idées pour augmenter l’efficacité, la fiabilité et la durabilité de la collecte de données portant sur le modèle magnétique terrestre.

David Roy-Guay, fondateur de SB Quantum qui produit un magnétomètre utilisant les propriétés quantiques, a alors tenté sa chance.

« J’ai pris deux soirées pour écrire une proposition de quatre pages en me disant que c’était un peu farfetched mon affaire, se souvient-il. Mais ils ont été intéressés et j’ai eu un prix de 25 000$ pour l’entreprise. Ils nous ont invités à la deuxième phase où on a fait une proposition plus étoffée. On ne l’a pas remporté puisque nos capacités de déploiement et de gestion de satellites n’étaient pas là. »

SB Quantum compte une douzaine d'employés sur la rue Galt à Sherbrooke. Sur la photo: Hubert Dubé, concepteur électronique pour le quantique

SB Quantum compte une douzaine d’employés sur la rue Galt à Sherbrooke. Sur la photo: Hubert Dubé, concepteur électronique pour le quantique (Simon Roberge/La Tribune)

SB Quantum s’est donc allié à Spire Global, une entreprise de Glasgow qui possède 150 satellites en orbite.

« Ils nous ont fourni une unité pour qu’on caractérise toute la signature magnétique du satellite, souligne David Roy-Guay. Une fois en orbite, on ne veut pas mesurer le champ magnétique du satellite et qu’il interfère avec les données. C’est un environnement hostile pas seulement en terme de température, pression ou radiation, mais aussi hostile en terme magnétique.»

Le projet conjoint a été retenu durant la Phase 3. À ce stade, l’entreprise sherbrookoise est en compétition avec l’Université Boulder au Colorado et l’entreprise Iota Technology.

« On est en train de terminer l’étape A de la quatrième phase qui est la preuve de concept, mentionne le fondateur de SB Quantum. On a passé un mois à Washington et on y retourne bientôt pour faire des tests thermiques. Ils ont un bâtiment de trois étages avec des bobines où ils peuvent annuler le champ magnétique terrestre. Ils appliquent un autre champ et on compare avec nos lectures. On allait aussi chaque mois à l’observatoire géomagnétique d’Ottawa. »

Si SB Quantum est sélectionné, son magnétomètre devrait être lancé en orbite à la fin de l’année 2025.

« On attend le go ou no-go, ça devrait être dans les deux prochains mois », résume-t-il.

Agilité et capteurs d’étoiles

Le modèle magnétique terrestre est produit tous les cinq ans en collaboration entre la NGA et le Centre de défense géographique du Royaume-Uni à l’aide de données recueillies par des satellites de l’Agence spatiale européenne. C’est d’ailleurs l’agilité de la technologie sherbrookoise qui l’a fait ressortir du lot selon David Roy-Guay.

« En ce moment, les données sont recueillies avec des satellites gros comme un autobus à peu près de l’Agence spatiale européenne. Ils doivent jeter environ 90% des données parce qu’il y a des éruptions solaires qui ajoutent un bruit. Nous, on a des plateformes moins coûteuses et plus agiles qu’on peut modifier en fonction du besoin. Notre magnétomètre va aussi utiliser des capteurs d’étoiles pour s’orienter avec grande précision parce qu’on veut mesurer non seulement l’amplitude du champ terrestre, mais aussi son orientation »